Les
20 et 21 Septembre 2008, pour la 4ème année consécutive,
le Club Finlandais des Amis du Beauceron ( Suomen Beauceron Ry)
a organisé un week-end d’information, en recevant un
formateur français reconnu par la SCC.
Le
challenge de cette année 2008 était de faire découvrir
aux beauceronniers les aptitudes et qualités de la race face
au troupeau.
Avec
52 chiens nés en Finlande en 2007( + 7 importations),
41 naissances en 2008 (du 01.01 au 03.09) et 12
importations ( du 01.01 au 06.08), il était
évident que l’organisation d’un C.A.N.T devait
déborder des critères que nous connaissons en France
et qui limitent les tests aux chiens âgés de 18 mois
maximum.
Michel
PILLARD avait très gentiment accepté de participer
à cette expérience, secondé par son épouse
Annick au secrétariat, ce dont je les remercie au nom de
nos amis finlandais.
Je profite de cet article pour remercier le SUOMEN BEAUCERON Ry
qui m’associe chaque année à la préparation
et au déroulement de sa réunion.
Nous
avions prévu un temps de passage de 25 à 30 minutes
par chien pour :
-
donner aux plus âgés le temps de découvrir tranquillement
les brebis en essayant de ne pas attendre des ordres (beaucoup pratiquent
des disciplines sportives) ,
-
donner à chaque chien le temps de « déclencher
» et de laisser son instinct s’exprimer
-
discuter avec les propriétaires et détailler la prestation
de leur compagnon
Nos
52 concurrents à ce test non officiel étaient âgés
de 6 mois à 8 ans … venant des 4 coins de la Finlande
mais également de Russie, avec notre amie Tatiana SOLOVIEVA
qui n’avait pas hésité à parcourir 1500
km aller-retour pour se joindre au groupe, comme chaque année
!
Le
Club avait convoqué les chiens sur 3 jours (du vendredi après-midi
au dimanche) , chaque participant étant inscrit pour une
date prédéfinie.
Le
parcours pour tester l’obéissance et la sociabilité
des chiens comportait :
-
brève suite en laisse
- mise du chien en position couché et rappel à environ
30 m
- suite sans laisse (sans parler au chien) en se dirigeant vers
les spectateurs et les congénères
- saut en hauteur ( +/- 70 cm)
- découverte des brebis en faisant le tour de l’enclos
- contact direct avec les brebis
Nous
avons eu de très jolis moments notamment avec quelques «
anciens » qui n’avaient jamais approché ni senti
de brebis … les gènes sont là , bien ancrés,
et les maîtres ont parfois regardé leur propre chien
évoluer avec beaucoup d’attendrissement, surpris et
ravis de donner son entière signification à
la définition : « le Beauceron
est un chien de berger ».
Iris
KLINGBERG, responsable de la Commission Troupeau, nous recevait
sur un superbe site au sud-ouest d’HELSINKI, à VEHMAA.
Un
dîner sur le thème des soirées médiévales
nous a permis de découvrir une ancienne bâtisse qui
accueillait les ouvriers agricoles. Ambiance feu de cheminée,
mets typiques, explications de notre hôtesse pour nous replonger
dans les coutumes des ancêtres … tout y était,
sans oublier le service assuré par les propriétaires
des lieux, en costume d’époque.
Quant
à l’ambiance de ce week-end, elle fut très conviviale
et décontractée.
Sans doute le fait de participer à une manifestation sans
objectif de classement a-t-il énormément contribué
aux échanges entre propriétaires. Chacun était logé à
la même enseigne. Personne ne connaissait les tests sur troupeau
et découvrait son chien sous un jour nouveau …
Beaux,
déjà très connus en expos ou n’ayant
aucune chance de classement en concours, tous étaient beaucerons,
avec un héritage génétique de chien de berger
à mettre en évidence… et instinct n’est
pas obligatoirement associé à beauté, fort
caractère, ou conformité au standard.
Une
chienne de 3 ans, aux oreilles naturelles dressées, nous
a fait une superbe démonstration sans jamais avoir vu de
brebis auparavant, pourtant elle est inconfirmable au vu du standard
!!
Merci
également à Michel PILLARD pour le temps qu’il
a consacré à une chienne issue de notre Délégation
: BRANWEN des Habits de Feu dite KORPPI ( OSIRIS du Relais
des Ecuries x ROY du Mas Roc Maria), appartenant à Kimmo
TEERIKOSKI (Vice-Président du Club) et conduite
par Raïsa RISTIMAKI.
BRANWEN
a de réelles aptitudes au travail. Elle pratique le travail
à l’eau (sauvetage) et la recherche.
Raïsa,
très investie en matière d’éducation
canine, démontre un bon sens pédagogique et fait une
équipe soudée avec la chienne.
Futur objectif de Raïsa : pouvoir former
sa chienne au travail sur troupeau et s’en servir
au quotidien, mais également présenter une
beauceronne en concours.
Elle
serait la 2ème beauceronne à rivaliser avec les border-collies,
ce qui ne ce serait pas vu depuis plus de 10 ans en Finlande !
Comme
l’a scrupuleusement expliquéMichel,
le travail sur troupeau est difficile puisqu’il
met en scène 3 «acteurs » (maître,
brebis, chien) avec leursréactions
instantanées parfois imprévisibles et l’humeur
du moment. Cela constitue la différence
essentielle avec toutes les autres disciplines qui proposent des
obstacles à franchir ou des exercices bien réglés.
A
ce titre, nos amis finlandais soulèvent une question intéressante
:
Pourquoi
ne pas distinguer le chien
de travail correspondant aux gènes ( troupeau)et lechien de sport( ring, RCI, agility etc…)qui est « mécanisé et entraîné
» dans l’exécution d’exercices ?
En
voyant travailler BRANWEN face au bâton -outil indispensable
du berger et qu'elle n'avait jamais vu- je me posais la question
quant à la réaction d’un tel chien en épreuves
de caractère à une Nationale ?
En
travail sur troupeau, bâton levé = stop, voire «
assis pas bouger », « attends » … En RE ou NE, cela serait sanctionné par une note
ne permettant pas d’accéder à l’EXC. en
caractère … manque de réaction, d’intérêt,
impassible donc pas hardi …
J’ai
posé la question à 2 C.R.U qui m’ont répondu
que le chien peut très bien faire la différence de
situation, sous réserve qu’on lui apprenne auparavant
à réagir face à une menace au bâton …
Alors
parle-t-on « instinct berger » (hardi par définition
et dans ses gènes) ou « défense-protection
» (et hardi par « formation » et entraînement
? ) …
En
2009, le SUOMEN BEAUCERON Ry accueillera Guy et Danièle ARMATOL. Après Jeannine ANJORAN, Katerine COUTEAU et Jean
KERFRIDEN, notre Responsable de la Commission Elevage est déjà
très attendu pour transmettre ses connaissances sur la race
et prodiguer de nombreux conseils.
A
l’année prochaine et merci encore pour l’accueil
chaleureux qui est réservé chaque année aux
Juges du Club des Amis du Beauceron.
Merci
à nos amis finlandais pour l’intérêt qu’ils
portent à notre Berger de Beauce !!
Claudine
PUJO (et relecture de Michel PILLARD)
Le
compte-rendu de Michel PILLARD, notre spécialiste du travail
sur troupeau
Après
avoir expliqué le but de ces journées, ce que l’on
allait demander aux maîtres et aux chiens, j’ai constaté
que tous les conducteurs portaient un très grand intérêt
à découvrir leur animal dans leurs racines qu’est
donc le travail sur troupeau.
Sans
aucune exception tous les chiens ont fait apparaître une sociabilité
exemplaire tant envers les humains qu’à l’égard
de leurs congénères.
Ils étaient tous très dynamiques et d’après
ce que l’on m’a expliqué ceci est lié
au climat car durant la période difficile de l’hiver,
gens et chiens se réunissent souvent ce qui rend les contacts
beaucoup plus faciles.
Pour
la plupart des chiens, c’était la découverte
des moutons sauf pour
-
7 d’entre eux qui les avaient vus une fois seulement, sans
les travailler
- 2 qui travaillent sur bovins laitiers et n’ayant jamais
vu de moutons
Le
troupeau d’une douzaine de brebis par lot était bien
sociabilisé avec l’homme mais pas avec les grands «
noir et feu » ce qui a provoqué quelques mouvements
d’affolement pas toujours faciles à gérer car
la peur de l’un entraîne l’excitation de l’autre.
Néanmoins,
j’ai pu voir que sur 52 chiens, plus de la moitié
possédait des aptitudes bergères naturelles, quelque
soit leur âge, puisque le plus jeune avait 6 mois et le plus
vieux 8 ans.
Beaucoup
d’autres chiens avaient le bonheur de travailler dans une
autre discipline (la plus répandue étant
la recherche humanitaire).
Ils avaient reçu une éducation parfaite ce qui cachait
légèrement les aptitudes naturelles mais nous
avons vu les maîtres intervenir sur leurs chiens d’une
façon exemplaire afin de gérer l’excitation
que provoquait le troupeau.
Sur
la totalité, j’ai pu remarquer :
2 chiens qui ont présenté une légère
crainte,
2 chiens qui manquaient visiblement de rappel,
quelques chiens fougueux, sans agressivité, qui avaient besoin
d’être canalisés,
2 chiens qui restaient complètement indifférents aux
moutons,
7 chiens qui ont présenté des qualités exceptionnelles
3 chiens qui avaient envie de mordre dont 1 qui avait une morsure
acharnée mais que j’ai jugé récupérable
vu son attitude.
En
effet, celui-ci était conduit par une dame qui manquait de
fermeté.
J’ai
donc pris le chien en main et en une demi-heure de travail,
j’ai pu enlever sa laisse, lui faire conduire les animaux
sans qu’il morde, ce qui a permis de montrer aux
conducteurs que les quelques problèmes de comportement de
leur chien étaient tout à fait gérables et
ce, à leur plus grand plaisir.
Grâce
à Claudine PUJO et Nathalie
–interprètes- nous avons échangé de nombreux
points de vue sur le résultat du dressage du Berger de Beauce.
Tous
ces gens, enthousiasmés par la découverte de «
l’esprit berger » de leur compagnon, venus
de très loin (Pays de l’Est / Russie pour certains
), tous les organisateurs m’ont témoigné
une très très grande sympathie.
Je
les en remercie vivement notamment Pia OILINKI, Kimmo TEERIKOSKI
et Iris KLINGBERG respectivement Présidente,
Vice-Président et Responsable de la Commission
Troupeau.
Rien
de plus encourageant et motivant pour continuer dans ce genre de
développement des relations qui lient maîtres et chiens
!
Michel
PILLARD
Petit
détour vers l'album-photos ? ...
Cliquez sur la bouille de ce berger en herbe !