Les pathologies du chien sportif

et plus précisément celles du

chien de RING

Ostéopathie - Volet 2

A lire ou à relire notre volet n°1: présentation de l'ostéopathie

 

Comme promis, voici le second volet sur l’ostéopathie, consacré au chien sportif et plus précisément aux pathologies du chien de ring.

Avant d’aborder les pathologies, il convient de rappeler qu’au même titre que les athlètes que nous admirons à la télévision, le chien a besoin d’échauffement avant l’entraînement et lors de toute compétition.

Au cours d’une récente rencontre consacrée à la préparation immédiate à l’effort, le vétérinaire-conférencier rappelait des bases élémentaires à appliquer pour aider nos compagnons sportifs :

- ne pas trop demander au chien, respecter sa croissance physique et neuro-sensorielle (éveil des sens)

- associer l’entraînement physique à l’éducation basique, au jeu … et à la récompense

- en période d’entraînement intensif et de compétition, veiller à ce que le chien s’abreuve correctement et si possible avec une eau peu minéralisée (eau de source ou osmosée) pour éviter la fatigue des reins

- consulter le vétérinaire pour des compléments alimentaires visant à compenser les pertes en sels minéraux et oligo-éléments

- ne pas faire entrer un chien sur le terrain sans échauffement préalable …

A titre indicatif, le vétérinaire rappelait que les athlètes de haut niveau s’échauffent environ pendant 4 heures pour 10 secondes de compétition… le temps de récupération complète, quant à lui, est 3 fois supérieur à celui de la phase active.

Ce vétérinaire constatait avec regret que la phase d’échauffement est « zappée » par de très nombreux conducteurs alors qu’elle est capitale pour la préparation mentale du chien et que la complicité nouée pendant ce tête-à-tête « pré-concours » est une des clés de la réussite (confiance mutuelle) et de la préservation du chien.

A ce titre, avant toute préparation cardio-vasculaire, il préconisait la préparation manuelle du chien, en extrême douceur, avec passage obligé sur toutes les articulations : genoux, hanches (rotation), flexions, étirements légers des membres (dans l’axe de l’articulation), abductions (écarter doucement du corps les pattes antérieures /postérieures pour « réveiller » les tendons.) L’extension des tendons est en relation directe avec le cerveau dans la préparation mentale.


L’ostéopathie a un large éventail d’intervention comme nous avons pu l’entrevoir dans l’article de présentation cette médecine alternative.

Depuis de très nombreuses années, les haras se sont attachés les services de spécialistes équins et l’ostéopathie fait petit à petit son apparition dans le domaine canin.

Marina HIQUET, a suivi ses études à l'EUROPEAN SCHOOL of ANIMAL OSTEOPATHY (seule école délivrant un diplôme portant sur cette spécialité). Elle est ostéopathe équin et canin.

Outre les interventions « classiques », elle est particulièrement impliquée auprès des chiens sportifs (courses de lévriers, ring etc…) et n’hésite pas à suivre ses patients sur les terrains d’entraînement (2 d’entre eux préparaient les sélectifs il y a quelques mois).

Son expérience m’a semblé intéressante pour faire un tour d’horizon rapide et simple des risques et accidents dont nos chiens de ring peuvent être « victimes » au cours des entraînements, et sur les symptômes qui peuvent éveiller l’attention des maîtres lors de contre-performances ou difficultés d’exécution d’un exercice.

J'ai déjà communiqué les coordonnées de Marina HIQUET aux éleveurs et propriétaires de beaucerons sur les départements 40 et 64 sur lesquels elle intervient principalement. Les retours d'informations que certains d'entre vous m'ont faits sont élogieux et je vous en remercie pour elle.

Par respect de l'éthique, il n'est pas question ici de faire de la publicité à un thérapeute toutefois, Marina reste à votre disposition pour toute question ou demande d'intervention. Pour ce faire, contactez-moi par mail et je transmettrai.

En fin d'article, vous trouverez quelques définitions, une bibliographie de quelques ouvrages de référence tant sur l'ostéopathie (canine ou équine) que sur les massages ou l'aide à la compréhension du comportement animal.

 

ENTRETIEN avec Marina HIQUET

 

Pouvez-vous lister les grands domaines dans lesquels l'ostéopathie est particulièrement bénéfique (notamment stimulation des organes vitaux, problèmes dermatologiques, psycho-somatiques) ?

 

L’ostéopathie possède un grand champ d’action, il existe plusieurs formes de thérapies comme la thérapie structurelle, tissulaire, crânienne, viscérale.

Ces différentes formes d’investigation nous permettent d’aller loin dans nos diagnostics.
Nous pouvons donc déceler des problèmes de foie, ou d’intestins, trouver la source d’un problème dermatologique qui se trouvait au niveau du crâne, régler des problèmes de rhinites, et souvent, par notre action sur le tissulaire, nous pouvons atteindre des problèmes comportementaux et essayer de les traduire.

Un problème physique est parfois le reflet d’un problème psychologique, et le traitement du physique révèlera le problème profond s’il existe.

Beaucoup de chiens agressifs présentent des troubles tissulaires importants, ils sont stressés et ne réagissent que de manière proportionnelle à leur état. Des troubles comportementaux peuvent être améliorés par un suivi régulier qui va détendre le chien.

 

Que dire aux éleveurs pour le suivi des gestations, troubles post-partum et contrôle des portées ?

 

Les éleveurs ont tout intérêt à s’orienter vers des suivis réguliers.

Une chienne destinée à la reproduction doit être bien dans son corps pour affronter toute sa gestation, afin d’éviter d’éventuels problèmes comme l’impossibilité de se lever, ou même avoir un sacrum libre qui puisse basculer lors de la mise bas et faciliter le passage des chiots.

Ce ne sont là que des exemples, mais bien assez précis pour réaliser combien l’intégrité du corps permet d’aborder plus sereinement des étapes parfois compliquées.


Les portées sont tout aussi importantes. Si la mise bas s’est mal passée, des chiots ont certainement rencontré des problèmes lors du passage, et par conséquent, leur petit corps, qui ne présente pas vraiment de tonus musculaire important, va souffrir puisque ce sont les muscles qui maintiennent la plupart des structures dans leurs axes et leurs fonctions.

 

Quels sont vos conseils aux "maîtres lambda" ?

 

Les propriétaires de chien ne sont pas tous informés ou du moins n’imaginent pas toujours l’investissement qu’un chien nécessite.

Oui on trouve des races qui s’accommodent très bien de l’appartement et de la pause pipi 4 fois par jour. Mais au fond, quel bonheur que de pouvoir sortir avec son maitre.

Je conseillerais aux propriétaires de faire très attention dans l’environnement urbain : une chaise posée près de la porte, le chien qui joue avec la balle et qui finit sans dessus dessous, il ne faut pas négliger cet accident, même s’il vous parait minime.

Une torsion du dos associée à un choc va certainement engendrer des restrictions de mouvement et un jour, votre compagnon déclarera une boiterie ou un mal de dos…

 

Quels conseils donneriez-vous plus particulièrement

- aux propriétaires de chiens sportifs

 

En premier lieu, il faut se souvenir qu’un chien sportif est avant tout un athlète.

Le sortir le mercredi pour l’entraînement et le samedi pour l’autre entraînement et parfois le dimanche lors de compétitions, n’en fera jamais un champion sauf cas exceptionnel.

Il faut s'investir dans sa forme physique, dans son conditionnement, travailler le cardio vasculaire, la force, mais aussi la souplesse.

Tout ceci passe par des sorties quotidiennes, pas que des promenades, mais des sorties en vélo, des épreuves de force, des moments de détente pour garder le stress en dessous de son seuil de tolérance afin de préserver l’harmonie de l’ensemble.


Les sportifs n'échappent pas au suivi par un kinésithérapeute voire par un ostéopathe. Les chiens sont eux aussi des athlètes... l'ostéopathie peut-elle leur être d'un précieux secours ?

 

Effectivement, le suivi ostéopathique de l’animal sportif est tout aussi important que le suivi vétérinaire.
Il faut savoir que la médecine vétérinaire classique analyse des symptômes, prescrit un anti symptômes mais ne règle pas le problème initial.

Si un chien présente des douleurs au saut ou à l’accélération, le vétérinaire prescrira dans la plupart des cas un anti-inflammatoire mais le problème primaire sera toujours là, et par conséquent, à l’arrêt de l’anti-inflammatoire, la douleur réapparaitra et on entrera dans un cycle perpétuel de " prescription, douleur, aggravation des symptômes " jusqu’à l’accident ou bien tout simplement on ne pourra plus solliciter son animal sans craindre la boiterie ou une douleur excessive.

L’ostéopathie se veut plus globale, elle traite une harmonie du corps.

Ostéopathie (du grec) .=..osteon- : os ...et... pathein : éprouver, souffrir.

==> Souffrance du corps à partir de l'os.

Ce terme définit aussi, depuis Andrew Taylor STILL (fondateur de l’ostéopathie aux E.U), le phénomène d'éprouver les positionnements d'un autre corps avec notre propre sens kinesthésique (1), de pouvoir ainsi comprendre ses souffrances et de les réduire par des techniques manuelles.

Dans l’exemple, ce problème de locomotion vient peut être, et/ou entre autres, d’une lombaire qui n’agit plus dans sa fonction. Il faut donc lui rendre sa fonction et rétablir un équilibre dans la biomécanique pour éviter les compensations et surtout le cycle infernal de la douleur et de l’aggravation.

Le concept ostéopathique précise que le corps est une machine douée d'une autonomie de guérison où la structure et la fonction sont interdépendantes.
Il y a donc une dynamique dans l'organisme qui garantit la santé.

L'ostéopathe soutient ou rétablit cette dynamique.

L'état de santé ou de maladie du patient doit être considéré globalement, c'est une approche holistique (2) et écologique.

La maladie se définit par toutes réactions de l'organisme à des influences nuisibles. C'est le concept unitaire de la maladie.
Le Professeur Irvin KORR précise que la souffrance de l'os est psychosomatique (du corps et de l’esprit) dans son organisation et neurodystrophique (neurologique) dans son application.

La recherche d'un traumatisme physique ou psychologique oriente l'ostéopathe afin d'évaluer les conséquences biomécaniques logiques.

 

Le RING comporte certaines épreuves qui sollicitent très durement les articulations. Quelles sont les conséquences (ou traumatismes) constaté(e)s sur les exercices tels que :

a) les sauts
==> palissade (saut en hauteur pouvant aller jusqu'à 2,30m, réception/appui sur les pattes antérieures, réception de la masse corporelle de l'autre côté de l'obstacle) ?

 

Le saut en hauteur reste, à mon avis, le plus traumatisant des sauts.

D’une part, il y a une première phase de montée de la palissade qui sollicite excessivement la capacité de ressort du système propulsif du chien , donc toutes les articulations de l’arrière train, à savoir les systèmes articulaires du postérieur, du bassin, du sacrum et des lombaires.

Sur un mauvais appel, un de ces systèmes peut souffrir et donc gêner l’animal dans son travail d’abord, le plus intensif, et si le propriétaire ne s’aperçoit pas de cette gêne, les performances seront en baisse.

Il faut savoir qu’un problème de locomotion modifie obligatoirement l’homéostasie (capacité d’un organisme à réduire les discontinuités au minimum, face aux agressions internes et externes) et l’homéorhésie de l’animal (capacité d’un organisme à se maintenir proche de son axe de gravité) .

Celui-ci compensera donc pour retrouver un équilibre qui lui permettra de travailler, c’est pendant ce laps de temps bien souvent que le propriétaire trouve son chien un peu sensible, avec des performances en dents de scie :


- le chien ne semble pas réellement souffrir mais son corps ne travaille pas tout à fait de la même manière, jusqu’à ce que l’équilibre nécessaire au travail soit retrouvé. Les articulations ne fonctionnent plus correctement et des modifications internes de l’articulation coxo-fémorale peuvent apparaître par exemple.

La douleur sera sous jacente et l’animal souffrira de plus en plus, jusqu’au jour où l’on tombera dans l’accident c'est-à-dire l’irréversibilité d’une boiterie due à de l’arthrose.


Il existe une seconde phase traumatisante, celle de la descente de la palissade ainsi que la réception.
Certains chiens un peu rapides ou violents ne vont pas prendre la précaution de placer leurs pattes un peu plus bas sur la palissade pour descendre mais ils vont sauter.

Là il parait évident que tous les systèmes articulaires de l’antérieur, des cervicales basses et des premières thoraciques sont hyper sollicités.

Là encore, une torsion lors de la réception, un sol trop dur, une hauteur trop importante pour le chien par rapport à ses performances habituelles, vont amener des pathologies gênantes pour l’exercice.
Des douleurs costales par exemple, limiteront l’embrassée de l’antérieur et ne permettront pas une réception en souplesse et l’on entre dans le même cycle que cité précédemment ==> douleur et aggravation si des soins appropriés ne sont pas dispensés.


Qu'en est-il pour le saut en longueur maxi 4,50m (élan, saut, réception) ?

 

Le saut en longueur subit bien souvent les problèmes liés au saut en hauteur.
La biomécanique est un peu différente puisque le chien ne monte pas mais s’étire.

Cependant, pour pouvoir s’étirer, il faut que chaque articulation fonctionne correctement, qu’il n’y ait pas de douleurs musculaires ou ligamentaires qui entraînent une restriction du mouvement.

La souplesse reste la clé de voûte des performances d’un sportif, sans cela, on se dirige par petits pas vers la rigidité et donc le refus d’un exercice parfois.

Cette perte de souplesse n’est pas forcément visible au premier abord, mais un chien
- qui refuse de vous donner sa patte en la tendant,
- qui tourne toujours dans le même sens,
- qui se couche toujours sur le même flanc ou avec une patte toujours sur le même côté,
- qui rechigne toujours sur le même exercice à l’entraînement alors que pour le reste il semble parfaitement aux ordres et à l’aise

traduit une première rigidité qui plus tard du temps se ressentira dans les performances globales, le moral et le travail.

Le corps réagit de manière architectonique (c'est-à-dire qu’il a la dynamique d’une charpente réagissant aux contraintes imposées par l’environnement, ici le sport).

 

Passons maintenant aux attaques, épreuves de mordant d'un parcours de RING.

==> la FACE (course vers homme d'attaque situé entre 30 et 50m) ... le chien arrive très vite et brutalement sur l'H.A pour le saisir.
Y a-t-il des conséquences sur la biomécanique des vertèbres ? (notamment vert.cervicales/ le chien tourne la tête au moment du "choc" avec l'H.A qui est à l'arrêt). Quelle est la "résonnance" sur la colonne vertébrale qui joue un rôle d'amortisseur -je suppose ?

 

Les attaques, qu’elles soient de face ou fuyante sont sources majeures de pathologies.

Elles sont assez traumatisantes pour les tissus et notamment pour le tissu osseux.

Il me semble, au premier abord, que l’attaque de face soit un peu plus pathogène que la fuyante.

En effet, lors de mes observations pendant les entraînements, j’ai pu remarquer qu’avec des chiens dits « violents », le choc est terriblement intense malgré un H.A expérimenté qui « absorbe » le choc.

Un chien très puissant « qui en veut » rentrera fort, en profondeur de gueule, et surtout en vitesse avec tout son poids.
Par ce biais, tout le système amortisseur de la colonne est mis à l’épreuve, en partant de la mandibule (mâchoire inférieure de la gueule) jusqu’aux dernières thoraciques voire les lombaires pour les plus impétueux qui n’hésitent pas à contorsionner leur corps pour avoir plus de « prise » et de puissance.

Le chien prend un choc traumatisant, s’il n’a pas été suffisamment préparé, musculairement mais aussi articulairement.

Il s’agit là d’un des exercices les plus dangereux de la discipline pour l’intégrité du corps de votre compagnon.

Imaginez que votre chien ait une cervicale qui le gêne un peu, au même titre que nous.
Je pense que la plupart des gens qui liront cet article ne peuvent pas tourner symétriquement leur tête, c'est-à-dire exactement le même angle de droite et de gauche, mais cela ne vous empêche pas de travailler au quotidien.
Vous ne vous en rendez même pas compte puisque votre corps compense et vous évite toute douleur, il en est de même pour votre compagnon.

Il peut travailler sans souci, il a le moral, il n’a pas de baisse de performance générale, mais sur le mordant vous pouvez le sentir un peu trop violent ou au contraire un peu gêné.

En effet, avec un choc de ce type, avec un H.A un peu moins précis, qui ne connaît pas votre chien ou un animal un peu dur qui va fort, la cervicale qui n’était pas gênante devient un handicap, certes léger au début, mais si l’on ne remédie pas à cette gêne le plus tôt possible, le mordant deviendra un moment de stress pour votre compagnon, s’en suivra une perte de qualité du mordant, des « mâchouillements » que vous n’aviez pas au départ, voire un refus de mordre correctement, ou en une bout de gueule.

Les conséquences sur les performances, qui se comptent ici en points, se font vite sentir et finiront par se généraliser puisque le corps ne pourra plus jouer sur sa souplesse et le rôle d’amortisseur de la colonne deviendra impossible.

 

La FUYANTE au bâton (homme d'attaque situé entre 50m à 70m).

De la même manière comment le corps réagit-il sachant que l'H.A ne stoppe sa fuite que lorsque le chien a réussi à le saisir ?

 

Pour la fuyante, l’exercice est légèrement moins pathogène dans la mesure ou l’H.A fuit dans le sens de la course du chien ce qui rend le choc notamment moins violent.

L’H.A court, on rajoute donc une notion cinétique (3) plus importante et des mouvements de tête de l’animal plus importants en relation avec les mouvements des jambes, bras, corps de l’H.A (suivant si vous avez un chien qui mord haut ou bas).

Le choc peut être un peu mieux contrôlé dans la mesure où l’H.A se stoppe uniquement au moment où il est attrapé, il peut donc absorber, suivre, accompagner les mouvements de votre animal s’il est sensibilisé aux problèmes de vos compagnons et contentieux.

Le système amortisseur de la colonne reste très sollicité puisque nous restons sur du mordant « dynamique ». J’entends par là que le chien devra faire des torsions de l’encolure pour pouvoir suivre les quelques pas en continuant son mordant.

Le mordant est un exercice délicat, qui demande une intégrité physique importante afin d’obtenir la meilleure obéissance et la meilleure qualité de travail, faute de quoi le chien ira à la faute, perdra des points, sera tendu, stressé et rentrera dans un système de compensation à votre insu jusqu’au jour où il vous refusera un exercice.

Les exercices qui nécessitent une grande réactivité tels que la " garde d'objet " , la " garde au ferme" engendrent-ils un stress, une mobilisation musculaire et psychologique qui ont des conséquences sur le reste de l'organisme ? Si oui, lesquelles

 

Je pense effectivement qu’il y a là un stress évident du corps et de l’esprit.

L'embryologie nous montre que les nerfs guident la croissance des artérioles et le tissu conjonctif (structure majeure de soutien) est quant à lui le tuteur des vaisseaux.

En ne considérant que l'un ou l'autre, la forme du corps reste quand même reconnaissable tant ils sont omniprésents.

Hans SELYE, qui a défini la notion de stress, considère le tissu conjonctif comme le premier régulateur du stress.

Un tissu conjonctif perturbé crée des barrières palpables. C'est un outil de diagnostic et de traitement unique.

Pour l'ostéopathe, les fascias (4) révèlent des informations majeures.
Il a été démontré par Irvin KORR (éminent neuro-physiologiste) que le traitement de ces barrières est possible en équilibrant l'état d'étirement ou de contraction de ce tissu.

La modification de l'état de la matrice aide ainsi le cycle naturel d'auto-régulation.

Si le chien est contracté, stressé, tendu et qu’il présente des barrières internes, qui peuvent même remonter à la naissance (!), le travail en sera moins précis et pourra sans aucun doute avoir des répercussions sur le fonctionnement du corps dans son ensemble, très variables d’un individu à l’autre.

 

Outre l'incidence sur le squelette et la masse musculaire, des exercices tels que ceux vus précédemment peuvent-ils avoir des répercussions sur le fonctionnement de certains organes vitaux (estomac, foie, système nerveux-lymphatique-digestif etc... ?). Quels symptômes peuvent éveiller l'attention des maîtres ?

 

Le système nerveux et le système endocrinien (hormonal) ont un but commun : ils veillent au maintien de l’homéostasie, c'est-à-dire qu’ils gardent, dans les limites compatibles avec la vie, les divers processus physiologiques qui se produisent dans l’organisme.

Le système lymphatique quant à lui est préposé au drainage de la lymphe, mais il est à noter qu’il est en coopération étroite avec la moelle osseuse, le thymus, la rate et les formations lymphoïdes de l’appareil digestif pour assurer la défense immunitaire de l’organisme.
(A savoir que la lymphe possède deux formes, une dite canalisée sous forme de capillaires, comme les veines par exemple, et que l’on appelle d’ailleurs les veines blanches puisqu’elles suivent de très près les veines du sang, et une forme interstitielle, c'est-à-dire répartie dans tout le corps).

Le système nerveux doit être décomposé, simplement, pour bien comprendre les liens indissociables entre les organes et les vertèbres. Il est composé de deux « branches » (contenues dans la moelle épinière):

- Le système nerveux volontaire (SNV) : il s’occupe principalement du système musculaire en règle générale. Il dépend de notre volonté, il agit en réaction consciente du corps.

- Le système nerveux autonome ou végétatif (SNA) : système, qui comme son nom l’indique, fonctionne habituellement en dehors de l’activité consciente et de la volonté.
Il régule les fonctions du corps en assurant à la fois l’adaptation aux conditions environnementales extérieures et l’homéostasie. Tous les organes contribuent à la stabilité du milieu interne.

On sait que la centrale du corps est le cerveau, qui gouverne chacun de nos gestes conscients, mais aussi inconscients.

Celui-ci trouve sa continuité en la moelle épinière qui est protégée par les vertèbres de toute la colonne, au sein des « corps vertébraux » (passage creux dans les vertèbres).
De là partent des nerfs en direction des divers organes de notre organisme, ce sont des nerfs dits efférents, et le retour des organes, vers la moelle épinière puis le cerveau, se fait aussi par des nerfs cette fois dits afférents.

Il apparaît donc impossible qu’une vertèbre qui serait en restriction de mouvement, puisse ne pas causer des troubles des organes auxquels elle est reliée par les nerfs.

Prenons par exemple les vertèbres thoraciques 16 à 18 chez le cheval (notons que chez le chien il n’y en a que 13).
Celles-ci peuvent présenter une restriction de mouvement, elles vont intervenir directement sur le système nerveux autonome (donc celui qui s’occupe des organes), qui agit par relation à ce niveau là sur le foie, le pancréas, l’estomac, l’intestin grêle, les reins, la médullo-surrénale et le gros intestin.

Autant d’organes qui peuvent être troublés par des nerfs « irrités » dus à une absence de mouvement et de souplesse.

Une médication pour des problèmes de foie par exemple sera bien entendu primordiale pour limiter les dégâts sur l’organe, mais si le problème n’est pas résolu à sa source, la guérison ne pourra pas être totale, ou bien le problème récidivera sur du long terme.

 

Quelles sont les affections musculaires, articulaires ou osseuses les plus couramment mises à jour chez les chiens sportifs ?


Pour ce type de chien sportif, il faut d’abord comprendre que toute pathologie est issue d’un non traitement à temps des premiers symptômes.

Les premières affections sont généralement musculaires puisque les contractures sont des signes de fatigue évidents de la machine. Elles sont généralement le reflet de tensions sous jacentes.

Les pathologies rencontrées peuvent être variables mais je n’hésiterais pas à parler de pathologies lombaires et cervicales.

J’ai rencontré quelques problèmes de tendinites aux antérieurs induites par des troubles des cervicales basses, ou des grosses boiteries postérieures seulement dues à un sacrum qui ne fonctionne pas bien et donc des lombaires en perte de fonction également.

Ce sont à mes yeux les premiers symptômes d’un corps qui ne trouve plus son équilibre.
Il faut donc être attentif à tous les petits signes qui traduisent un inconfort.

Les corps sont tous différents et traduisent leur mal-être de mille manières différentes, et nous devons, en tant qu’ostéopathes, savoir écouter ce que le corps nous invite à découvrir et surtout ne pas faire de généralité pour pouvoir aborder les problèmes de chacun de manière ouverte et personnalisée.

On retrouve certainement des pathologies récurrentes en fonction des disciplines, mais il ne faut pas se borner pour trouver la cause du problème. Une boiterie peut ressembler à une autre, mais la cause peut être complètement différente et c’est là que nous devons être ouverts et attentifs.

 

Conseillez-vous un suivi préventif lors de la préparation de concours ?

Quel bien-être l'ostéopathie peut-elle apporter et quels risques (accidents) peut-elle permettre d'éviter....
Dans le même ordre d'idée, un suivi "post-accident" (articulaire ou musculaire) peut-il être conseillé pour éviter l'absorption d'antalgiques ?

 

Il me parait évident qu’un suivi préventif sera décisif face aux compétitions.
Si votre chien n’est pas souple, que son corps doit s’adapter sans cesse à des contrariétés intérieures, les performances ne feront qu’en pâtir.

Propos recueillis par Claudine PUJO auprès de Marina HIQUET - Ostéopathe Canin et Equin

 

 

Définitions (voir texte)

(1) sens kinesthésique : A partir de ces sens il va être possible de créer une image mentale, par la suite une représentation graphique ou tridimensionnelle, du réel. Pour le terme de kinesthésique, il est à noter que le sens kinesthésique ne concerne pas seulement la sensation du toucher, l'aspect tactile, mais il induit aussi l'aspect du déplacement du corps, la notion de mouvement et le ressenti corporel.

(2) approche holistique : Les thérapies holistiques sont des thérapies qui s’adressent à l’être en le considérant comme un tout "le corps-esprit" depuis la moindre cellule jusqu’aux appareils ou systèmes les plus complexes qu’il englobe tels les appareils cardiovasculaire, digestif et respiratoire, le système nerveux.
La médecine allopathique tout en étant dédiée au traitement de maladies spécifiques ou à la remise en ordre d’organes dysfonctionnels grâce à des traitements médicamenteux offre le risque d’effets secondaires sérieux dus à ces mêmes médicaments.
À l’opposé les thérapies holistiques s’adressent au « corps-esprit » dans son entier à travers des techniques provenant pour la plupart des médecines orientales anciennes.

(3) L'énergie cinétique (aussi appelée dans les anciens écrits vis viva « force vive ») est l’énergie que possède un corps du fait de son mouvement. L’énergie cinétique d’un corps est égale au travail nécessaire pour faire passer le dit corps du repos à son mouvement de translation ou de rotation.

(4) Un fascia est une membrane fibreuse qui recouvre ou enveloppe une structure anatomique. C'est un tissu conjonctif dense, très riche en fibres de collagène , qui constitue une sorte de gaine.

 

Bibliographie

La philosophie et les principes mécaniques de l'ostéopathie - Andrew Taylor STILL (fondateur de l'ostéopathie)

L'anatomie du chien - Bernard COLLIN (éditions Derouaux Ordina)

Eduquer et rééduquer votre chien - Franco FASSOLA (éditions De Vecchi)

Massage et aromathérapie ( éditions Proxima ) - très simple, permet d'aborder les notions du contact entre la main et le corps de l'animal

Quelques ouvrages sur l'ostéopathie équine

Le stretching pour votre cheval - Jean Michel BOUDART (éditions Equi Livres)

Les chevaux m'ont dit - Docteur Dominique GINIAUX (éditions Equi Livres)

L'ostéopathie du cheval - Barbara LANGEN et Beatrix SCHULTE WIEN

 

*=*=*=*=*=*=*

Retour vers notre article sur la présentation de l'ostéopathie au service des chiens

Si vous avez personnellement une expérience intéressante, un exemple de trouble, ou d'affection diverse que l'ostéopathie a permis de traiter, n'hésitez pas à nous en faire part par mail et avec votre accord, nous publierons votre témoignage en respectant votre anonymat et celui de votre chien .

 

 

Copyright © Les Amis du Beauceron - Délégation GRAND SUD-OUEST - Zone 6 -Tous droits réservés. Avril 2006