Quand leur corps parle,

leurs attitudes et leurs postures

nous livrent leurs secrets

Ostéopathie - Présentation - Volet 1

A suivre : les pathologies du chien sportif, notamment le Chien de RING

 

 

Un œil larmoyant est-il obligatoirement l’indice d’un problème ophtalmique ?

Une oreille sensible que le chien gratte ou secoue avec obstination est-elle systématiquement le témoin d’une otite ?

Un chien habitué friand de câlins se met à éviter –voire repousser énergiquement- qu’on lui touche la tête… Est-ce le signe d’un changement de caractère dont le maître doit se méfier ?

Les allures naturelles du chien sont bizarrement « sous lui » ou il amble alors qu’il trottait superbement quelques semaines auparavant… ça va certainement passer, pensez-vous !!

Et si tout bêtement ces attitudes constituaient des alertes relatives à des maux plus profonds ?

Reprenons les exemples :

- l’œil larmoyant est souvent en relation directe avec l’oreille qui elle-même peut être sensibilisée à cause d’une vertèbre cervicale ou dorsale légèrement déplacée qui perturbe le circuit nerveux normal… aucun collyre, aucun traitement du conduit auriculaire ne résoudra le mal.

- ce chien qui évite soudainement les caresses sur la tête peut -comme nous- souffrir de névralgies dont il convient de trouver la cause : problème de maxillaires ou dentaires. Son comportement est la conséquence directe d’une douleur qu’il ne peut exprimer mais qui entraîne une attitude d’auto-protection.

- les allures du chien sont elles aussi le reflet d’un malaise. L’amble est une allure de confort qui peut permettre de déceler un problème vertébral. Même mineur un petit déplacement génère une répercussion sur l’ensemble du corps pour tenter de canaliser la douleur.

Le corps parle. S’il souffre, il trouve de lui-même des parades pour minimiser les conséquences du mal, ses systèmes d’alerte et une « grille comportementale » pour neutraliser la maladie autant que faire ce peut . Le corps se protège pour tenter d’atteindre l’auto-guérison.

Il en est des humains comme des animaux et nos compagnons à 4 pattes n’échappent pas à cette règle.

Il suffit donc parfois d’être très observateur et attentif pour comprendre qu’une modification de comportement est le gyrophare pour signaler que l’état de santé n’est pas au top.

Le corps est un tout qui forme une unité biologique, émotionnelle et spirituelle. Un accident, une perturbation sur n’importe quel organe ou partie du corps a toujours une répercussion, un effet de « résonance » sur une autre région.

Depuis un peu plus d’une décennie, l’ostéopathie a fait son entrée dans les cabinets vétérinaires bien que la pratique ne soit pas reconnue par l’Ordre et qu’aucun diplôme ne soit actuellement accessible dans le circuit classique des études vétérinaires.

Il s’agit pourtant d’une médecine alternative ou « médecine douce » de plus en plus demandée tant au niveau humain que pour les animaux (chats, chiens, chevaux, bovins, ovins etc…). L’ostéopathie est d’ailleurs souvent associée à l’acupuncture et à la médecin énergétique (d’origine chinoise).

Acupuncture au niveau des flèches

Tonification des reins (bâton d'armoise incandescent sur une aiguille)

En France, l’Académie Vétérinaire d’Acupuncture et d’Ostéopathie organise des stages de formation de 3 jours par mois sur une durée de 2 ans mais la seule école délivrant un diplôme officiel en Europe est l’EUROPEAN SCHOOL of ANIMAL OSTEOPATHY (à Brighton en Angleterre et Montreux / Suisse).

Etre ostéopathe ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de pratiquer quelques manipulations pour prétendre à ce titre.
Le véritable praticien doit connaître les principes fondamentaux et l’éthique de cette pratique mais il doit aussi maîtriser parfaitement le fonctionnement des différents systèmes de l’individu.

L’exercice de l’ostéopathie reste avant tout un Art, qui demande une main et une conscience en quête d’absolu.
Il ne s’agit en aucun cas de se substituer à l’allopathie de façon radicale et systématique mais la médecine « classique » soigne très souvent un symptôme sans en trouver la cause profonde.

Faute d’informations, on imagine trop souvent que l’ostéopathie n’est qu’une « histoire de manipulations » bien faites pour remettre le corps en place !!

C’est là une vision bien étroite de cette médecine douce alternative qui a pour but de permettre au sujet traité de se sentir bien dans son corps.
Toutes les attitudes ou positions de compensation ne sont pas obligatoirement douloureuses et il convient d’apporter du confort et aider l’animal à être en phase avec lui-même et avec son corps.

Chaque individu (humain ou animal) a une construction «de base» adaptée à son espèce mais chacun a sa propre façon d’habiter son corps pour y être à l’aise en fonction de son environnement, de sa sensibilité.

L’ostéopathe prend l’individu dans sa globalité et respecte le « mode d’emploi » mis en place par le sujet qu’il traite.

Il n’y a jamais de manipulations traumatisantes, ni en force. La consultation démarre obligatoirement par une prise de contact et la mise en confiance. Thérapeute et patient sont liés par une sorte de fil invisible qui transmet les données du mal-être et renvoie les solutions.

Dans la majeure partie des cas, l’ostéopathe est consulté pour des problèmes de raideurs articulaires, douleurs dorsales, boiteries, cicatrices douloureuses. Ce n’est qu’un faible éventail des troubles sur lesquels peut intervenir ce praticien.

Les problèmes comportementaux (anxiété, timidité excessive, réactions somato-émotionnelles…), les affections cutanées (eczéma), les troubles ovariens, digestifs et intestinaux, les systèmes nerveux, lymphatique et sanguin, l’aide à la descente des testicules, les troubles post-partum peuvent eux aussi être traités par l’ostéopathie.

Nos chiens grandissent très vite. En un an ils atteignent leur taille adulte. La structure osseuse doit être fiable pour permettre un parfait épanouissement.

Pour cette raison, on ne saurait que trop recommander aux éleveurs de soumettre leurs chiots à une visite de contrôle avant de quitter l’élevage.

Une mauvaise position dans l’utérus, une mise bas difficile, une chienne peu délicate avec ses chiots peuvent avoir des conséquences minimes mais gênantes pour une croissance optimale, voire perturbantes au niveau comportemental.

Comme les bébés, les chiots sont très facilement manipulables… du véritable caoutchouc !!

Il est aisé pour l’ostéopathe d’intervenir avant que des positions et attitudes de compensation ne soient prises (ex : déviation de la colonne vertébrale pouvant aller jusqu’à modifier le port du fouet, interférer sur les aplombs etc…).

N’oublions pas que nos animaux de compagnie sont aussi le reflet de nous-mêmes et du milieu dans lequel ils vivent.

Tels de petites éponges, ils absorbent nos crises d’angoisse, nos joies, nos attitudes négatives et les assimilent à leur manière.

Le plexus solaire, les organes (pancréas, foie etc…), les intestins révèlent souvent à l’ostéopathe un mal-être imputable au cadre de vie plus qu’à l’individu lui-même.


Si cela ne remet aucunement en cause ni le bonheur du chien au sein de son foyer ni les qualités indiscutables de ses maîtres, il est néanmoins important de ne pas oublier que ce meilleur ami de l’homme nous accompagne dans les moments difficiles.

L’incapacité de raisonner et de communiquer par le langage engendre parfois des dysfonctionnements réactionnels de l’organisme que l’ostéopathe détectera facilement, évitant notamment la prise d’anti-dépresseurs ou anxiolytiques.

Etre bien dans son corps et dans sa tête, vivre en parfaite harmonie avec sa famille et l’environnement … c’est aussi cela que notre compagnon peut trouver grâce à un petit check-up chez l’ostéopathe.

Ce qui est bon pour nous est souvent bon pour lui … pourquoi ne pas inclure une séance annuelle de contrôle dans le budget alloué à sa santé ?

« Donner de la vie aux années et non des années à la vie » telle est la devise philosophique de l’ostéopathie. N’en privons pas nos « tendres poilus » !!

 

Quelques cas très schématisés hors consultation pour des problèmes de motricité

 

Chien A - 3 ans 1/2

Anxiété souvent injustifiée, chien collé en permanence à son maître, n’accepte pas facilement les caresses de l’étranger malgré de nombreux exercices de socialisation au marché, terrain d’entraînement etc… pourtant ce chien travaille et y prend du plaisir (CSAU, pistage …).

Auscultation : le plexus solaire est totalement « tétanisé » confirmant que le chien est replié sur lui-même et qu’il ne parvient pas à surmonter un stress que l’ostéopathe situe dans la petite enfance du chien. La zone crânienne est elle aussi très « contractée ».

La mise en confiance est relativement rapide (environ 5 à 6 minutes). Les regards ostéo / chien ne se croisent pas. L’ostéopathe reste à côté du chien pour "respecter sa bulle de repli", laissant aller sa main progressivement le long de la colonne vertébrale du chien en attendant de ressentir un relâchement général (fin des tremblements, tentative de communication).
L’intervention est essentiellement axée sur les vertèbres cervicales qu’il faut débloquer et sur le museau (siège de « l’intimité profonde » du chien) pour obtenir un lâcher-prise. Dès lors que l’apposition des mains est possible sur cette « zone intime » la partie est quasiment gagnée et miraculeusement le chien se laisse aller comme si sa tête était détachée du corps.

Histoire du chien : vendu quand il avait 2 mois, il est revenu chez son producteur 6 mois plus tard sans avoir réellement connu de plaisirs en famille. Pas maltraité, mais simplement un peu ignoré, pas valorisé. A son retour au foyer natal, ce chien a rapidement tenté de s’imposer en chef de meute auprès de ces congénères, vraisemblablement pour que sa présence ne passe pas inaperçue auprès de son maître…

Interprétation du comportement anxieux : selon toute vraisemblance, lorsqu’il est revenu à l’élevage ce chien a vécu les 6 mois d’absence comme une sorte de « punition ». Il avait été détaché de son producteur (vente du chiot) et revenait sans comprendre pourquoi on l’avait privé de ce cadre pendant si longtemps

La séance d’ostéopathie s’est terminée avec la constatation d’un plexus solaire totalement souple. Le chien méfiant a manifesté une certaine désinvolture à l’égard des personnes présentes dans la pièce et il affichait un regard parfaitement confiant… affaire à suivre.


Chien B - 9 mois - visite de contrôle de croissance

Le chien grandit harmonieusement. Il est sociable, joueur, confiant à l’égard de l’étranger, entre dans le cabinet du vétérinaire sans appréhension.

Auscultation : aucun souci (musculaire, osseux etc…). Le plexus solaire est souple.
Seul un petit « nœud » au niveau du pancréas semble témoigner d’une contrariété que ce chien aurait eu vers l’âge de 3 mois… l’ostéopathe insiste sur le terme « contrariété » en précisant qu’il ne s’agit pas d’un problème d’éducation que le chien aurait mal accepté. Il explique en outre que cela est imputable à un gros souci au sein de la famille que le chien a « absorbé », à une importante hésitation devant une décision majeure à prendre

Histoire du chien : achat du chiot à l'âge de 8 semaines. Le maître confirme à l’ostéopathe qu’environ 1 mois plus tard il a été confronté à un véritable dilemme remettant en question l’ensemble de sa vie et qu’il a dû prendre des dispositions graves au terme de longues semaines de réflexion.

La complicité maître / chien n’avait pas été touchée, ni la cohabitation remise en cause mais le chiot totalement tourné vers son maître en cette période d’acclimatation avait ressenti les problèmes de son maître.
Dans ce cas précis, la séance d’ostéopathie s’est soldée par la prescription d’un traitement homéopathique au chien et au maître qui avait lui aussi le pancréas noué !


Chien C – 2 ans

Hyper-actif, problème à une oreille que le maître ne peut absolument pas toucher.

 

Auscultation : du même côté que l’oreille, le chien présente une légère contracture qui part du cou et suit le trajet de la colonne vertébrale jusqu’au niveau des reins.

L’ostéopathe intervient sur les cervicales et la région crânienne dans un premier temps puis effectue une exploration de la colonne vertébrale pour détecter qu’une vertèbre est effectivement coincée. Cela irradie sur l’ensemble du corps jusqu'à l’oreille.

Quelques tensions sont détectées au niveau des articulations et des pattes (zone d’appui et de « prise de contact » avec le sol) ce qui tendrait à mettre en évidence un manque d’assurance du chien en lui-même.

On aborde à ce moment même un autre volet de la médecine alternative qu’est l’ostéopathie puisque le praticien précise que ce manque d’assurance vient du père de notre patient qui n'a pas dû avoir une vie "toute rose".

Les animaux aussi nous livre leur « carte génétique » … il convient donc de beaucoup flatter ce chien, lui faire comprendre qu’il est beau, qu’on est fier de lui et très largement le féliciter quand il accomplit un "exploit" … ceci tout en conservant la hiérarchie maître / chien.

La stimulation des reins (siège de l’assurance), et l’acupuncture doivent aider à résoudre le problème.

 

Chien D – 3 ans ½

Haleine un peu forte, bave visqueuse à l’odeur légèrement acide.

Auscultation : alors que le maître pensait à un problème gastrique ou de tartre, l’ostéopathe constate que le croc supérieur gauche est environ 50% moins développé que le croc supérieur droit.

Croc supérieur droit

Croc supérieur gauche (chez le même individu)

 

Schématiquement, chez le canidé, le croc est l’affirmation du Soi.

La période de croissance complète du croc se situe vers l’âge de 6 mois.
Sur ce chien, il semble que vers cet âge là, il n’ait pas trouvé sa place au sein de sa famille et que psychologiquement, il ne comprenait pas ce qui se passait autour de lui. Pas de possibilité de s’affirmer ni de trouver un sens réel à son existence.

Histoire du chien : acheté à 2 mois, il est arrivé dans une famille qui avait déjà plusieurs chiens et il a été parfaitement accepté.
Quelques mois plus tard, la famille a été confrontée à de très graves soucis (décès, problèmes de santé etc…).
Certains chiens ont dû être pris en charge par la famille pour apporter de l’aide mais notre « patient » est resté sur place, vivant les allées-venues ou ressentant très certainement les préoccupations majeures de la maison.

Quelques années plus tard, il a été adopté par le maître qui consulte l’ostéopathe.
Changement de vie, activités partagées avec un autre congénère, mise en valeur de sa propre individualité et apprentissage de tas de choses jusqu’alors inconnues.

L’ostéopathe note que -outre une forte inflammation de la gencive qui nécessite un traitement antibiotique- le croc est en train de se dévitaliseraprès quelques mois chez sa nouvelle famille, le chien qui a trouvé un sens à sa vie et qui se sent bien dans ce nouveau milieu, est tout bêtement en train de rejeter ce croc –relique d’un passé dont il se débarrasse inconsciemmentil a somatisé sur son croc comme aurait pu le faire un autre individu en déclenchant une crise d’eczéma suite à un stress ou l’élimination d’une grosse peur…

 

Chien E - 5 ans

Etalon et bon reproducteur, le chien n'avait jamais connu de "panne" lors des saillies jusqu'au jour où au moment de grimper sur la femelle il semblait avoir mal au dos et éprouver des difficultés à rester sur ses pattes arrière malgré l'évidente bonne volonté de la chienne.

Pour éviter de faire souffrir son mâle, le maître consulte son vétérinaire pour effectuer un prélèvement de sperme. Il raconte qu'il a remarqué que son chien amble depuis quelques semaines, qu'il est contispé et semble moins fougueux lors des balades.

Avant de pratiquer le prélèvement, l'ostéopathe découvre que 2 vertèbres lombaires sont légèrement déplacées, suite vraisemblablement à un choc important ou à une chute brutale (que le maître situe 2 mois auparavant).

Le toucher rectal met en évidence que la prostate est enflammée, gonflée et que le canal séminal est "étranglé".

Le prélèvement de sperme n'a pas pu se faire mais la remise en place des vertèbres a permis de rétablir le bon fonctionnement de toute la zone.... et éviter l'ablation de la prostate qui aurait pu être la décision paraissant la plus sage en pareil cas.

L'étalon a refait des saillies qui se sont toutes soldées par de jolies portées.

 

Claudine PUJO

 

- Remerciements à Marina HIQUET -Ostéopathe Equin et Canin- et au Dr André ROBERT -Vétérinaire Ostéopathe- pour le temps qu'ils m'ont accordé et les informations qu'ils m'ont fournies pour la rédaction de cet article

- Remerciements aux propriétaires des Beaucerons et Golden Retrievers qui m'ont autorisée à les suivre lors de séances et à photographier leurs chiens. Merci aux propriétaires divers qui ont accepté de me livrer leur expérience personnelle (voir cas cités ci-dessuus).

 

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A suivre : les pathologies du chien sportif, notamment le Chien de RING

Si vous avez personnellement une expérience intéressante, un exemple de trouble, affection divers que l'ostéopathie a permis de traiter, n'hésitez pas à nous en faire part par mail et avec votre accord, nous publierons votre témoignage en respectant votre anonymat et celui de votre chien tel que cela a été présenté ci-dessus.

 

 

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